Petit sursaut de mélancolie hormonale ces derniers jours. Et je ressors ma petite averse de reproches envers mon Porc-épic, elle qui n'est jamais bien loin, il faut le dire. Ah rien de majeur, mais juste cette petite insatisfaction permanente qui doit être bien gossante pour lui.
Et ce soir, j'ai eu l'envie de fouiller dans mes vieux écrits et j'ai constaté à quel point je suis une lâcheuse. Dans mes calepins et dans mon ordi, des tonnes de débuts, mais presque jamais de fin. Je suis celle qui commence un million de projets puis les abandonne, désintéressée ou soudainement attirée par autre chose.
J'ai des dizaines de débuts d'histoire, de phrases bien polies, mais suspendues dans le vide.
J'ai un foulard commencé il y a quelques années maintenant et qui ne fait toujours pas le tour de mon cou.
J'ai toute une boite remplie de perles pour faire des bijoux. Je pense avoir fait un bracelet.
Je viens tout juste de jeter un super vieux kit de peinture sur verre.
J'ai des boites de photos qui attendent d'être triées, d'affiches roulées qui attendent d'être posées, de livres qui attendent d'être dépoussiérés.
Dans toutes mes insatisfactions amoureuses, je me demande s'il n'y a pas un peu de cet attrait pour les débuts, ces premiers frissons, cette excitation de la nouveauté. Il est parfois difficile, dans toute cette culture du coup de foudre et du baiser qui décroche la mâchoire, de vivre le quotidien amoureux avec ses zones de beige.
En même temps, je pense à plein d'intérêts que j'ai qui ne se démentent pas, à mon attachement profond à mon orchestre, à ma loyauté parfois presque ridicule en amitié et je me dis que je ne suis pas si accro aux débuts. Mais j'ai crissement peur des fins, comme tout le monde j'imagine.
Le popotin : mot mignon qui décrit une partie du corps tout aussi mignonne qu'on se pogne allègrement quand on lit ou rédige des blogs.
vendredi 25 avril 2014
mardi 15 avril 2014
L'énigme du retour, encore
"J'imagine que tout s'est passé en douceur. Une chaîne ininterrompue de concessions nous a conduits à ce nouveau mode de vie. Ce n'est pas différent avec les individus. La foule nous absorbe un à un. Aujourd'hui à cinquante-six ans, je réponds non à tout. Il m'a fallu plus d'un demi-siècle pour retrouver cette force de caractère que j'avais au début. La force du non. Faut s'entêter. Se tenir debout derrière son refus. Presque rien qui mérite un oui. Trois ou quatre choses au cours d'une vie. Sinon il faut répondre non sans aucune hésitation." p.56
***
"Des centaines de tableaux recouverts de poussière accrochés sur les murs, le long de la rue. On les croirait peints par un seul et même artiste. La peinture est aussi populaire dans ce quartier que le football. Les mêmes paysages luxuriants reviennent pour dire que l'artiste ne peint pas le pays réel mais bien le pays rêvé.
J'ai demandé à ce peintre aux pieds nus
pourquoi il peint toujours ces arbres croulant
sous les fruits lourds et juteux
alors que tout est désolation autour de lui.
Justement, me fait-il avec un triste sourire,
qui veut accrocher dans son salon
ce qu'il peut voir par la fenêtre?" p. 86
***
"Être sur une île déboisée
en sachant qu'on ne verra
jamais ce qui se passe
de l'autre côté de la mer.
Pour la majorité des gens d'ici
l'au-delà est le seul pays
qu'ils espèrent visiter un jour." p.91
lundi 14 avril 2014
Encore l'Enfant-loup
L'Enfant-loup commence à vraiment débloquer. Et quand il réussit quelque chose de bien, je lui fais parfois un "high five". Aujourd'hui, à la récup, il m'a demandé si mon mari sait que je lui fais des "high five".
Décidément, la liste des choses que la future femme d'Enfant-loup n'aura pas le droit de faire avec d'autres hommes devient de plus en plus longue...
Décidément, la liste des choses que la future femme d'Enfant-loup n'aura pas le droit de faire avec d'autres hommes devient de plus en plus longue...
dimanche 6 avril 2014
Toune du jour numéro 124
Aimer les monstres, Émile Proulx-Cloutier
Vendredi soir, je suis allée voir le spectacle d'Émile Proulx-Cloutier au théâtre Outremont. J'y allais pour faire plaisir à Belle-Soeur numéro 2. Je ne le connaissais pas vraiment. En fait, la seule chanson que je connaissais de lui, Race de monde, me tapais un peu sur les nerfs. Eh bien j'ai été agréablement surprise! Je n'aime toujours pas Race de monde, mais pour le reste, certaines chansons me sont rentrées dedans comme un coup de poing en pleine face. Et ça fait tellement, mais tellement du bien, quelqu'un qui sait écrire autre chose que du amour/toujours et coeur/pleurs. On dirait une sorte de croisement entre Pierre Flynn et Richard Desjardins et c'est vraiment réussi et fascinant. La toune du jour n'est pas ma préférée, mais c'est la seule autre que j'ai trouvée sur YouTube. Deux jours après le show, le souvenir m'habite encore, ce qui est très bon signe. À découvrir!
Vendredi soir, je suis allée voir le spectacle d'Émile Proulx-Cloutier au théâtre Outremont. J'y allais pour faire plaisir à Belle-Soeur numéro 2. Je ne le connaissais pas vraiment. En fait, la seule chanson que je connaissais de lui, Race de monde, me tapais un peu sur les nerfs. Eh bien j'ai été agréablement surprise! Je n'aime toujours pas Race de monde, mais pour le reste, certaines chansons me sont rentrées dedans comme un coup de poing en pleine face. Et ça fait tellement, mais tellement du bien, quelqu'un qui sait écrire autre chose que du amour/toujours et coeur/pleurs. On dirait une sorte de croisement entre Pierre Flynn et Richard Desjardins et c'est vraiment réussi et fascinant. La toune du jour n'est pas ma préférée, mais c'est la seule autre que j'ai trouvée sur YouTube. Deux jours après le show, le souvenir m'habite encore, ce qui est très bon signe. À découvrir!
dimanche 30 mars 2014
L'enfant-loup
Il y a un élève dans mon groupe de maths qui est tout un numéro. La plupart des profs le trouvent insupportables, sauf son titulaire et moi. Il est exigeant, turbulent, dérangeant. Et adorable, selon moi.
Son prof et moi le surnommons l'enfant-loup, parce qu'il est un de ces jeunes Haïtiens qui se sont visiblement élevés un peu tout seuls. Il manque cruellement d'éducation, dans tous les sens du terme. Il ne manque pas seulement de savoirs, de connaissances académiques, il manque de savoir-vivre, de savoir-être. Au début de l'année, il n'était pas de tout repos (il ne l'est toujours pas, mais c'était pire...). Il parlait en créole constamment, sans sembler s'apercevoir que nous les profs ne comprenions pas tout ce qu'il disait, et que les élèves le comprenaient encore moins. Beaucoup de frustrations, quelques claques échangées entre élèves, même un ou deux crachats au visage.
Les choses se sont tassées, mais il demeure un élève qui demande énormément d'énergie et qui prend beaucoup de place. Mais il a une telle authenticité, une telle vulnérabilité cachée sous une tonne de façade typiquement adolescente, qu'il est vraiment adorable.
Il reste à chacune de mes récupérations depuis le début de l'année, parfois presque jusqu'à 17h, même si elles finissent officiellement à 15h30. Si je suggérais de rester toute la soirée, il le ferait. Il reste jusqu'à ce que je lui demande de partir. Et il bûche tellement fort!
Parmi les trucs qui m'ont vraiment fait rire récemment, il y a sa conception tellement arrêtée de ce qu'est un homme et ce qu'est une femme.
Par exemple, avant la sortie aux glissades, quand nous jasions avec quelques élèves que j'ai suggéré à Enfant-Loup que nous pourrions glisser ensemble, il m'a regardé avec un air ébahi et m'a demandé ce que mon mari allait dire de ça. Euh...j'ai été tellement surprise que j'ai ri et je lui ai dit que ça ne dérangeait pas mon mari que je glisse sur la neige avec des petits garçons!
Plus récemment, j'ai chialé contre une chanson hyper dégoulinante de bons sentiments qu'ils avaient écoutée dans leur cours de français. Enfant-Loup n'a pas compris comment je pouvais ne pas aimer cette chanson. C'est une chanson d'amour qui s'adresse à une femme. Je suis une femme, ergo je devrais aimer cette chanson. Encore une fois, j'ai ri devant son air perplexe.
La semaine dernière, à la fin d'une journée, j'ai bien vu qu'il était préoccupé et traînait dans le local. Je lui ai demandé s'il voulait me parler de ce qui le tracassait. Il a commencé par me dire que je ne pouvais pas comprendre parce que ce sont des problèmes d'homme. J'ai ri et lui ai suggéré d'essayer quand même. Finalement, il m'a parlé de 30 minutes de ses problèmes avec son père. Et sa classique vilaine belle-mère. Et sa mère décédée. Je connaissais les grandes lignes de cette histoire pour en avoir déjà parlé avec son titulaire. Mais ça m'a fait plaisir de l'écouter, d'échanger avec lui, de le conseiller. Et de peut-être, juste un peu, modifier sa perception de ce qu'est une femme.
Son prof et moi le surnommons l'enfant-loup, parce qu'il est un de ces jeunes Haïtiens qui se sont visiblement élevés un peu tout seuls. Il manque cruellement d'éducation, dans tous les sens du terme. Il ne manque pas seulement de savoirs, de connaissances académiques, il manque de savoir-vivre, de savoir-être. Au début de l'année, il n'était pas de tout repos (il ne l'est toujours pas, mais c'était pire...). Il parlait en créole constamment, sans sembler s'apercevoir que nous les profs ne comprenions pas tout ce qu'il disait, et que les élèves le comprenaient encore moins. Beaucoup de frustrations, quelques claques échangées entre élèves, même un ou deux crachats au visage.
Les choses se sont tassées, mais il demeure un élève qui demande énormément d'énergie et qui prend beaucoup de place. Mais il a une telle authenticité, une telle vulnérabilité cachée sous une tonne de façade typiquement adolescente, qu'il est vraiment adorable.
Il reste à chacune de mes récupérations depuis le début de l'année, parfois presque jusqu'à 17h, même si elles finissent officiellement à 15h30. Si je suggérais de rester toute la soirée, il le ferait. Il reste jusqu'à ce que je lui demande de partir. Et il bûche tellement fort!
Parmi les trucs qui m'ont vraiment fait rire récemment, il y a sa conception tellement arrêtée de ce qu'est un homme et ce qu'est une femme.
Par exemple, avant la sortie aux glissades, quand nous jasions avec quelques élèves que j'ai suggéré à Enfant-Loup que nous pourrions glisser ensemble, il m'a regardé avec un air ébahi et m'a demandé ce que mon mari allait dire de ça. Euh...j'ai été tellement surprise que j'ai ri et je lui ai dit que ça ne dérangeait pas mon mari que je glisse sur la neige avec des petits garçons!
Plus récemment, j'ai chialé contre une chanson hyper dégoulinante de bons sentiments qu'ils avaient écoutée dans leur cours de français. Enfant-Loup n'a pas compris comment je pouvais ne pas aimer cette chanson. C'est une chanson d'amour qui s'adresse à une femme. Je suis une femme, ergo je devrais aimer cette chanson. Encore une fois, j'ai ri devant son air perplexe.
La semaine dernière, à la fin d'une journée, j'ai bien vu qu'il était préoccupé et traînait dans le local. Je lui ai demandé s'il voulait me parler de ce qui le tracassait. Il a commencé par me dire que je ne pouvais pas comprendre parce que ce sont des problèmes d'homme. J'ai ri et lui ai suggéré d'essayer quand même. Finalement, il m'a parlé de 30 minutes de ses problèmes avec son père. Et sa classique vilaine belle-mère. Et sa mère décédée. Je connaissais les grandes lignes de cette histoire pour en avoir déjà parlé avec son titulaire. Mais ça m'a fait plaisir de l'écouter, d'échanger avec lui, de le conseiller. Et de peut-être, juste un peu, modifier sa perception de ce qu'est une femme.
mercredi 26 mars 2014
Porc-épic et les problèmes de poids
Porc-épic et moi regardons une émission de télé. Il y a une fille vraiment maigre à l'écran.
Moi : Ouache! Check la fille, elle est tellement maigre, on voit même toutes les bosses sur sa colonne vertébrale, c'est dégueulasse.
Porc-épic : Ouais, ça me met vraiment mal à l'aise le monde de même.
Moi, un peu perplexe face au choix de mot : Mal à l'aise...
Porc-épic : Ouais. J'aime quasiment mieux une madame tellement grosse qu'il faut qu'elle chie dans son bain.
Moi : Ouache! Check la fille, elle est tellement maigre, on voit même toutes les bosses sur sa colonne vertébrale, c'est dégueulasse.
Porc-épic : Ouais, ça me met vraiment mal à l'aise le monde de même.
Moi, un peu perplexe face au choix de mot : Mal à l'aise...
Porc-épic : Ouais. J'aime quasiment mieux une madame tellement grosse qu'il faut qu'elle chie dans son bain.
mercredi 19 mars 2014
Toune du jour numéro 123
To build a home, Patrick Watson
Parce que c'est une toune magnifique. Et parce que le show de Patrick Watson à l'Église Saint-Jean-Baptiste est, je crois, un des événements marquants de ma vie. Sans blague.
Parce que c'est une toune magnifique. Et parce que le show de Patrick Watson à l'Église Saint-Jean-Baptiste est, je crois, un des événements marquants de ma vie. Sans blague.
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