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samedi 14 juin 2014

Pas du monde

Ces temps-ci, je ne suis pas du monde. La fin d'année me stresse et j'ai l'impression que j'ai un million de choses à faire et de papiers à remplir. Et il y a notre immeuble qui est à vendre, ce qui me stresse puissance mille.

Bref, je suis susceptible et vaguement insupportable. J'espère que mon humeur va s'améliorer dans les prochains jours parce que disons que j'appréhende mon été à petit budget avec Porc-épic. J'ai l'habitude d'être souvent seule et là, il est pas mal toujours là depuis qu'il est sur le chômage. Je me sens un peu cheap d'écrire ça, mais bon, je le pense...J'aime passer du temps avec lui, évidemment, mais je ne suis pas prête à être un couple de retraités relax qui passent toutes leurs journées ensemble à faire des mots croisés. J'ai une grosse bulle et perdre les minutes quotidiennes de solitude totale que j'avais depuis des années me pèse parfois. Il faut dire que ma job est on ne peut plus sociale et que le seul moment de solitude que j'ai est sur la toilette, et encore...Alors quand j'arrive à la maison, ça me fait du bien d'être seule dans le silence. En cette fin d'année riche en stress, j'en aurais bien besoin.

Alors je suis pas du monde. Pour l'instant, Porc-épic arrive à m'endurer. Je pense.

vendredi 25 avril 2014

Les débuts

Petit sursaut de mélancolie hormonale ces derniers jours. Et je ressors ma petite averse de reproches envers mon Porc-épic, elle qui n'est jamais bien loin, il faut le dire. Ah rien de majeur, mais juste cette petite insatisfaction permanente qui doit être bien gossante pour lui.

Et ce soir, j'ai eu l'envie de fouiller dans mes vieux écrits et j'ai constaté à quel point je suis une lâcheuse. Dans mes calepins et dans mon ordi, des tonnes de débuts, mais presque jamais de fin. Je suis celle qui commence un million de projets puis les abandonne, désintéressée ou soudainement attirée par autre chose.

J'ai des dizaines de débuts d'histoire, de phrases bien polies, mais suspendues dans le vide.

J'ai un foulard commencé il y a quelques années maintenant et qui ne fait toujours pas le tour de mon cou.

J'ai toute une boite remplie de perles pour faire des bijoux. Je pense avoir fait un bracelet.

Je viens tout juste de jeter un super vieux kit de peinture sur verre.

J'ai des boites de photos qui attendent d'être triées, d'affiches roulées qui attendent d'être posées, de livres qui attendent d'être dépoussiérés.

Dans toutes mes insatisfactions amoureuses, je me demande s'il n'y a pas un peu de cet attrait pour les débuts, ces premiers frissons, cette excitation de la nouveauté. Il est parfois difficile, dans toute cette culture du coup de foudre et du baiser qui décroche la mâchoire, de vivre le quotidien amoureux avec ses zones de beige.

En même temps, je pense à plein d'intérêts que j'ai qui ne se démentent pas, à mon attachement profond à mon orchestre, à ma loyauté parfois presque ridicule en amitié et je me dis que je ne suis pas si accro aux débuts. Mais j'ai crissement peur des fins, comme tout le monde j'imagine.

vendredi 24 janvier 2014

Censure (mais pas tant que ça finalement)

J'y reviens, encore.

Si on me demandait de me qualifier, dans les cinq premiers mots, je choisirais certainement gourmande. J'aime manger, j'aime boire, j'aime les plaisirs de la chair. Ça explique en bonne partie certains trous béants dans mon portefeuille et la rondeur de mes courbes. Cette gourmandise déborde de la sphère culinaire et glisse jusque dans mon lit. Pour moi, le sexe est aussi vital que l'air, l'eau, le sommeil. J'ai parfois faim de Porc-épic beaucoup plus que j'ai faim de nourriture, ce qui, d'ailleurs, est drôlement bon pour la ligne. Je pense avoir une énergie sexuelle assez forte et pour moi, peu de choses sont taboues. Je parle de sexe sans gêne, avec toutes sortes de gens. Ça déstabilise souvent, et amuse encore plus souvent je pense.

Au cégep, alors que j'écrivais beaucoup plus que maintenant, c'était presque devenu une blague. Mes textes parlaient presque tous de sexe, d'une façon ou d'une autre. Ah pas que de ça quand même, mais une histoire sans peau, ça n'existait pas pour moi. Parce qu'au-delà du plaisir physique intense, une relation sexuelle est tellement riche, tellement remplie d'amour, de pouvoir, de doute, de questions muettes, de réponses bruyantes, de secrets, de partages, de vulnérabilité, de mensonges, de conflits, de douleur, de douceur, de désespoir, d'extase, de communion. Le sexe est comme une loupe géante braquée sur tout ce qui fait que la vie est si surprenante et passionnante.

Bref, je divague totalement, mais ce que j'essaie de dire bien maladroitement, c'est que comme souvent, mais peut-être un peu plus que d'habitude pour toutes sortes de raisons dont ma mini-crise de la trentaine, mes pulsions m'habitent et m'inspirent des mots.

Des mots que je me dois parfois de coucher sur un écran (le papier....pfffff...ben trop long...), mais pas ici.

Parce que je sais que toi, toi et toi, oui toi, me lisez.

Et j'aime ça, souvent. Mais, inévitablement, je me censure. Même si ça ne parait pas trop dans ce billet, je me censure quand même, et c'est bien normal, et c'est bien sain.

Certaines parties de moi ne sont que pour Porc-épic.

Et d'autres ne sont que pour moi.

jeudi 12 décembre 2013

Maintenant 30

Depuis quelques jours déjà, j'ai 30 ans. Les gens autour de moi riaient un peu de moi, mais oui, j'étais angoissée à l'approche de cette nouvelle décennie. J'ai un peu peur de vieillir. On dirait que dans ma tête, je ne suis pas encore tout à fait une adulte. Mais à 30 ans, je devrais l'être. Je devrais être mature, avoir une maison avec deux enfants, un chien. On dirait que l'image mentale que j'avais de ma vie à 30 ans quand j'étais plus jeune et la réalité ne collent pas. Et ça me fait rusher. Pourtant, j'aime ma vie! J'adore mon travail même s'il m'épuise cette année et explique en grande partie mon silence radio sur ces pages, j'adore mon mari, j'ai des amis géniaux même si je ne les vois pas assez, j'ai la tête pleine de souvenirs de voyage.

Quand même. La trentaine me rentre un peu dedans. En plus, on dirait que j'ai 4-5 cheveux gris qui brillent et me narguent quand je me regarde dans le miroir.

L'angoisse de l'anniversaire est un peu passée maintenant et la vérité est que je ne pense plus tellement à mon âge. Pas au quotidien du moins. Mais ce nouveau chiffre tout rond alimente très certainement mes éternelles angoisses existentielles.


vendredi 1 novembre 2013

Dehors novembre

Novembre est un mois qui me laisse un peu perplexe. J'adore octobre et ses couleurs flamboyantes, son petit froid sympathique qui donne envie de se coller. Novembre, c'est le noir qui prend de plus en plus de place et les premiers grands froids qui glacent les os, ceux qui nous sembleront presque chauds en mars.

Mais novembre, c'est aussi la fête de Plume et le vestibule de la mienne. C'est le mois du salon du livre. C'est un mois qui est souvent rempli de culture pour moi et qui le sera encore cette année, avec déjà plein de soupers au resto, de spectacles et de pièces de théâtre au programme. C'est maintenant le mois de Montréal à table et sa bonne bouffe pas chère. C'est le mois de la rentrée est déjà un peu loin et Noël est déjà un peu proche.

Cette année, c'est le dernier mois de ma vingtaine, ce qui me donne un peu le vertige. Dehors, c'est vraiment novembre aujourd'hui, dans ce que ça a d'à la fois hostile et surprenant. J'ai l'impression que le vent qui souffle à 90 km/h dehors est là pour me secouer un peu.


vendredi 20 septembre 2013

De grandes attentes

Plume a publié récemment sur FB un article qui parlait de notre génération et qui disait essentiellement que nous sommes malheureux parce que nous croyons tous que nous sommes spéciaux et promis à un destin extraordinaire. Que nos attentes sont démesurées et que l'écart entre ces dernières et la réalité nous plonge dans une détresse assurée et inévitable.

Un peu pessimiste...mais il y a quand même un fond de vérité derrière tout ça. Nos parents nous ont appris que tout était possible, que sky's the limit. Pourquoi alors viser moins que tout, moins que le ciel, l'extase et tout ce qui va avec? Porc-épic me dit souvent que je veux le beurre et l'argent du beurre. Ben....oui! Pourquoi pas?

Ça vaut pour ma vie professionnelle, évidemment, mais aussi pour ma vie amoureuse. Je ne sais pas si je suis intoxiquée par la télé et les films, mais en amour, je veux définitivement le beurre et l'argent du beurre et le cul de la laitière. Je veux une passion dévorante, je veux qu'on m'embrasse comme pour m'arracher la bouche, je veux qu'on me "sweep me off my feet", je veux qu'on me plaque contre le mur, je veux qu'on me lance des regards tendres, je veux qu'on me cuisine des tartes, je veux qu'on me masse les pieds, je veux qu'on me caresse les cheveux, je veux qu'on me comprenne sans que j'aie à ouvrir la bouche. Je veux 1000 hommes en un seul. Je veux la passion et la complicité dans un seul paquet bien emballé.

J'ai un peu de tout ça. Mais pas en même temps. Et pas tout le temps. Ça ne fait pas de moi une personne malheureuse. Mais peut-être toujours vaguement insatisfaite. Mais aussi pleine de grandes attentes et d'espoir.

lundi 2 septembre 2013

Bien entourée

Je le savais déjà, mais ce week-end m'a confirmé que je suis vraiment bien entourée. Plusieurs amis et parents, qui ont lu ces lignes ou non, m'ont offert des tonnes de réconfort. Même si l'angoisse m'a un peu reprise aujourd'hui, j'ai réussi à passer un relativement beau week-end, sans trop de pleurs.

Samedi matin, déprime totale, braillage compris. Après avoir parlé à Plume, je me sentais déjà beaucoup mieux. J'ai décidé de me changer les idées, de prendre soin de moi et de laisser tomber cette idée d'aller m'enfermer à la didacthèque de l'UQAM pour aller trouver les meilleurs outils possibles pour cette année. Les meilleurs outils attendront que mon moral y soit. J'ai donc remplacé le travail par une balade dans le bois pour aller voir une chute, avec l'humidité au max, la sueur qui coule dans le cou et les moustiques envahissants en compagnie des deux personnes que j'aime le plus au monde et qui me font toujours le plus grand bien, ma mère et Porc-épic. En soirée, souper dans un de mes restos préférés. Bon. Pour être honnête, je l'aurais plus apprécié si j'avais eu l'estomac moins noué, mais tant qu'à manger un peu, aussi bien manger quelque chose de bon.

Dimanche, il faisait beau et j'avais encore besoin de prendre de l'air. Après quelques courses avec Porc-épic, balade en vélo et hamac avec Maman.

Et aujourd'hui...ben aujourd'hui il fallait que je travaille un peu, que je planifie mes cours. Après une autre crise de larmes, j'ai fini par m'y mettre. Et par chercher un psy.

Pourquoi est-ce que j'ai toujours peur de tout ce qui est nouveau? Pourquoi est-ce que j'ai si peur de me casser la gueule? Surtout quand tout le monde autour de moi est là pour m'aider?

Dans un sens, je trouve ridicule d'avoir aussi peur de l'échec. J'ai toujours la chienne, et tout finit toujours par bien aller. J'ai de super bons amis, un mari que j'adore, une job qui, bien qu'incertaine et instable, me stimule et me fait tripper. D'un autre côté, je me dis que c'est peut-être précisément la raison pour laquelle j'ai la chienne. Parce que je n'ai jamais connu de gros échec et que je ne sais pas me relever. Parce que je me dis que ça ne peut être qu'une question de temps avant que ça m'arrive à moi aussi, de me casser la gueule.

Aaaaahhhh...j'ai parfois l'impression d'être une extraterrestre, d'être anormale, d'être la seule sur cette planète à qui il manque des pitons pour bien fonctionner.

Autre billet décousu. Ça risque de réarriver dans les prochains jours. Ça fait du bien de ventiler.


lundi 14 janvier 2013

La gestion des produits T1 : La crise

Une des hypothèses que l'on peut entrevoir concerne l'idée que le malheur, la disgrâce, l'échec, la chute et la ruine auraient pris davantage de valeur ces derniers temps. Ils ont la cote. Il est bien vu, désormais, de souffrir. Les victimes sont devenues les nouveaux héros de notre cartographie sociale. Elles sont intéressantes, fascinantes et hors d'état de nuire. Engluées dans quelque chose dont nous supposons, spectateurs, être exemptés, elles ont toujours raison. Comme elles ne sont pas responsables, elles ne sont pas non plus coupables. La victime n'est plus une personne que l'on cache, ou dont on réinvente le profil pour faire taire les mauvaises langues. Elle ne fait plus honte. Elle a un statut. Adopter cette position est un choix qui s'offre désormais à l'individu contemporain. Cela fait même passer à la télévision, aux heures de grande écoute. La personne qui a subi un préjudice doit être entendue, coûte que coûte, sans quoi la société est ingrate. Est-ce cette valorisation du malheur qui fait que plus de gens optent pour cette voie? La victime a le droit d'être une victime, et le droit d'être soutenue et respectée. Mais la fascination qu'on a pour elle ne peut pas tout expliquer. 
La gestion des produits, tome 1 : La crise, Maxime-Olivier Moutier

Passage qui m'a fait réfléchir, moi qui ne suis pas la plus empathique des personnes. J'ai beaucoup de mal à supporter les plaignards, les éternelles victimes. Je suis pour aider son prochain, mais je ne suis pas contre une petite forme de loi de la jungle, sujet sur lequel Porc-épic et moi aimons bien nous obstiner. Nous avons tous une part de responsabilité dans notre destin. Certes, la vie est injuste et certains se retrouvent avec des cartes de merde au départ. Mais on peut choisir de jouer quand même, ou de s'écraser, de pleurer et de se laisser mourir. J'ai énormément de respect pour ceux qui se battent pour s'en sortir même quand ils en prennent plein la gueule. Beaucoup moins pour ceux qui passent leur temps à s’apitoyer sur leur sort.

Parfois,  je me dis que je suis un monstre d'égoïsme. Mais je ne dois pas être si pire, parce que les élèves se confient beaucoup à moi malgré tout. Peut-être qu'ils apprécient justement le fait que je ne suis vraiment pas du genre "ah pauvre toi." Avec moi, ils ne trouveront pas beaucoup de pitié, ni de yeux de biche éplorée. Mais ils vont trouver une écoute sincère et une recherche de solutions. Parce que je suis vraiment convaincue que le statut de victime ne devrait être que temporaire et qu'il y a toujours moyen de se sortir d'une situation de merde. Si on est une victime toute sa vie, peut-être que c'est un peu par choix. Peut-être parce que c'est rassurant. Peut-être parce que c'est parfois plus facile. Peut-être parce qu'un "ah pauvre toi" c'est une forme d'attention qui peut faire du bien.

mardi 11 décembre 2012

Mal engueulée

Selon Porc-épic, je suis une des personnes les plus mal engueulées qu'il connait. Il n'a pas tort, dans un sens.

Et ce qui le rend fou, c'est que publiquement, ça parait assez peu.

Je garde mon meilleur stock pour l'intimité de notre foyer.

Il est privilégié, ce Porc-épic. Je garde mes meilleures ordures pour lui.

vendredi 27 juillet 2012

Une femme rushante

Je réalise ces temps-ci que je dois vraiment être une femme rushante.

Un rien me rend insatisfaite. Si tout n'est pas exactement comme je le souhaitais, je fais la moue. Ah, habituellement pas très longtemps, mais quand même, tout mon mécontentement se lit très facilement sur ce visage très expressif qu'est le mien.

Je suis en constante remise en question. Je pense que pas une journée ne passe sans que je me pose 10 questions existentielles. Et sans que j'en pose au moins 2 à Porc-épic. Il y a la classique "tu m'aimes-tu" mais il y en beaucoup d'autres aussi sur le sexe, le sens de l'amour, le travail, le couple, les enfants, la fidélité, le partage des tâches, l'individualité à deux, l'indépendance, les loisirs, etc.

Rien n'est jamais assez grandiose, assez passionnant, palpitant, surprenant, spontané. Je voudrais toujours plus. Ou moins.

Des fois, je me demande comment je fais pour endurer Porc-épic avec son air bête, son faux je m'en foutisme, son verre à moitié vide, son manque d'enthousiasme, son cynisme. Malgré son intelligence, son humour, sa culture, sa fidélité, son intégrité. Ses yeux. Ses mains. Tout le reste qui le rend si sexy à mes yeux.

Mais d'autres fois, je me demande aussi comment il fait pour m'endurer.

Je suis vraiment une femme rushante.

dimanche 13 mai 2012

Bonne fête des mères

En ce jour de fête des mères, j'en profite pour souhaiter une belle journée à toutes les mamans qui lisent ces lignes!

Je salue aussi toutes mes amies profs qui sont un peu comme des mamans suppléantes du lundi au vendredi de 8h00 à 16h00. J'ai trouvé ça très mignon, j'ai reçu une avalanche de commentaires de mes élèves aujourd'hui sur la page Facebook de notre classe, qui souhaitaient une bonne journée à leur deuxième mère. Ça m'a fait sourire, surtout de la part d'ados de 16-17-18 ans. Ça m'a fait rire aussi parce que ce qu'ils ne savent pas, c'est que je disais justement la semaine dernière que ma job m'enlève le goût d'avoir des enfants ces temps-ci. Je suis tellement comblée par mon travail et par mes élèves, je n'ai comme pas envie de faire de la place à un enfant, de tout lâcher pendant un an pour m'occuper d'un bébé. Je suis parfaitement satisfaite avec mes 16 grands enfants à temps partiel. Je ne joue pas à la mère avec eux, et ils ne m'appellent évidemment pas maman, mais quand même...Je leur apprends des trucs, je leur transmets des valeurs, j'écoute leurs confidences, je leur donne des conseils, je leur donne des câlins quand ils en ont besoin, je fais plein de sorties avec eux, je les encourage, je les félicite, je les punis, je les réprimande, je les aime. Mettons que ça ressemble pas mal au boulot de maman non? Dans tous les cas, si je me fie à tous leurs jolis commentaires d'aujourd'hui, ils me rendent bien tout l'amour que je leur porte. Espérons que si j'ai un enfant un jour, je serai aussi comblée par la maternité que par l'enseignement!

vendredi 27 avril 2012

L'éternité en accéléré (encore)

Ce livre est une mine de citations que j'ai tellement aimées et qui m'ont fait réfléchir. Plus que 2.

"J'ai une sainte horreur de celui ou de celle qui dit inopinément : "Toi et moi, il y a vingt ans, nous aurions pu être ensemble, nous aimer, faire de grandes choses, vivre follement..." Dans cette logique, de parfaits inconnus mènent une vie imaginaire ridicule où ils sont d'éternels fiancés...La soupe du passé virtuel ne sent guère bon, surtout quand on la remue trop. Elle finit par donner la nausée. Certains livres et certains films sont friands de cette potentialité avortée, d'un jadis embryonnaire, vite mort, qui, par la magie de la nostalgie d'une non-existence, se transforme soudainement en un "depuis toujours".

En fait, je déteste les êtres qui passent leur temps à me parler des livres qu'ils n'ont pas écrits, des enfants qu'ils n'ont pas eus, des choses qu'ils n'ont pas accomplies, parce qu'ils ne peuvent s'empêcher de voir en cette non-existence le lieu même de leur authenticité et de leur vérité. Quoi de plus pur que ce qui n'a jamais vu le jour? Quoi de plus vrai? Qui pourrait contester la force du non-être dans lequel la réalité n'a pas foutu son vilain nez?

Pour mon équilibre psychique, je veux croire que nous devenons ce que nous faisons, et je me force à penser que le non-advenu est une chose inintéressante. En aucun cas, je ne supporte l'attachement que produisent les avortements dans nos vies. Je suis, on me le répète souvent, beaucoup trop dure pour croire en de telles fictions..."

L'éternité en accéléré, Catherine Mavrikakis, p. 239

Eh bien moi je suis beaucoup trop molle pour ne pas y croire! Je ne passe pas mon temps à vivre dans le passé, mais j'ai une forte tendance à penser à toute ces portes que je n'ai pas franchies, tous ces chemins que je n'ai pas empruntés, tout ce qui aurait pu être et qui n'a pas été. Non pas avec regret, mais plutôt avec fascination. Et j'adore les films "friands de cette potentialité avortée". Come on...un film sur un amour éternel jamais consommé, c'est teeeeellement romantique. Je ne me souviens plus des mots exacts, mais Duras avait raison. Tout amour vécu est une dégradation de l'Amour. Ça peut paraitre cynique, mais au contraire, je trouve ça infiniment romantique.

Ça ne veut pas dire qu'il faut rester seul et rêver à ses amours perdues. Mais il n'y a quand même rien de plus beau et pur que l'amour tout nouveau qui ne connait pas encore ses limites et ses écueils. Et il n'y a peut-être rien de plus grand que l'amour vécu qui les connait mais qui y fait face chaque jour pour toujours, se réinventant sans cesse et essayant de créer chaque jour un nouvel idéal.


mercredi 25 avril 2012

Un autre passage de L'éternité en accéléré

"Pourtant, ce sont les paroles de Rossellini qui auraient expliqué le mieux ma politesse (quand même limitée) dans le monde. Rossellini racontait dans cette entrevue qui si elle tenait toujours à rester excessivement polie et civilisée, même dans les circonstances où son interlocuteur faisait preuve de muflerie et de goujaterie, c'est qu'il lui en coûtait moins psychologiquement de demeurer souriante et gentille que de passer au ton agressif et véhément. Rossellini confiait qu'elle gardait ses colères et ses coups de gueule pour ses intimes, pour ceux avec lesquels elle entretenait une vraie relation. La politesse est une armure, une arme même. [...] En effet, dans le poli, le lisse de la civilisation et du savoir-vivre, se construit un visage sans aspérité sur lequel les autres ne peuvent que glisser, sans avoir de prise." L'éternité en accéléré, p. 192

Cette citation me fait un peu penser à Gabriel Nadeau-Dubois, encore une fois imperturbable cet après-midi devant les nombreux assauts des journalistes affamés de scandales et les politiciens impertinents.

Elle me fait aussi penser à ma propre personne, qui a tout sauf un visage sans aspérité. Pas que je sois impolie. Mais transparente, un peu trop. Je ne sais malheureusement pas rester de marbre devant les goujats de ce monde. J'aimerais tant le faire.

dimanche 18 mars 2012

De mon balcon

Les balcons d'Hochelag reprennent vie.

Les vieux parlent de leurs bobos.

Les ados jouent au hockey dans la rue.

Les enfants suçotent des popsicles dont le jus sucré leur dégouline sur le menton.

Je lis de la poésie sur mon balcon et je pense à ces temps anciens où j'avais besoin de faire rimer mes tripes.

Peut-être qu'arrêter d'écrire des poèmes, c'est vieillir un peu trop. Peut-être que c'est s'assagir un peu trop.

Peut-être que je devrais m'y remettre.

vendredi 16 mars 2012

Mes hormones

Bizarre de semaine en dents de scie.

J'ai l'impression que je suis une grosse boule d'émotions dominée par ses hormones. Tous les changements dans mon cycle me perturbent tellement.

En plus, je suis trop occupée, en plus, j'ai la tête trop pleine, en plus, je veux trop être miss parfaite, en plus, je voudrais virer ma vie à l'envers, en plus, j'aime trop mon travail, en plus, j'ai peur de voir l'année finir, en plus, j'ai parfois l'impression que je ne fais rien de bon, en plus, j'ai besoin d'extase, en plus, j'ai besoin qu'on m'aime, en plus, je voudrais que Porc-épic admette que je suis drôle, en plus, j'ai un examen demain et je me sens inadéquate, en plus, je raconte vraiment n'importe quoi et je devrais arrêter de m'acharner sur toutes les exceptions de la langue française, lâcher ce damné ordinateur et aller fixer mon poisson sans me poser de questions, cinq secondes au moins. Cinq secondes de silence mental bien mérité.

dimanche 11 mars 2012

Déjà la fin des vacances

Il me semble que ma vie passe tellement vite qu'elle me glisse sous les pieds. Pas eu d'hiver et le printemps est déjà à nos portes.

Je suis déjà triste à l'idée que l'année se termine...j'aime trop mes élèves!

J'aimerais peser sur un gros bouton pause géant, m'arrêter quelques instants pour regarder ma vie en face et faire des choix, bouger, régler des affaires, profiter de ce qui marche tellement bien et changer ce qui marche mal.

samedi 25 février 2012

Vive l'hiver

J'adore l'hiver et la neige. Hier, j'ai passé plusieurs minutes devant ma fenêtre à admirer les branches des arbres qui ployaient sous le poids de cette grosse neige pesante.

En plus, je ne sais pas pourquoi, mais l'hiver et la neige exacerbent mon romantisme. L'hiver me donne envie de me coller, de faire du cocooning. Quand j'ouvre la porte de la maison et que je sens un souffle chaud effleurer mon visage, que j'enlève mes bottes toujours un brin humides, je me dis vraiment "home sweet home", beaucoup plus que l'été, quand l'humidité accablante de l'extérieur prend ses aises à l'intérieur, en prenant bien soin de laisser les brises rafraîchissantes sous les arbres et loin de mon lit. Et ce "home sweet home" est encore plus complet quand la voix de Porc-épic me salue. Je sais que c'est affreusement convenu et quétaine, mais Porc-épic est mon refuge. Il est le port où mon bateau revient s'ancrer tous les soirs avec tellement de bonheur. Il est le phare qui me donne le courage d'aller toujours un peu plus loin et qui me donne envie de toujours revenir.

Je sais que c'est cheesy. Mais il y a tellement peu d'espace pour dire des choses cheesy dans ma vie. Porc-épic n'est pas un fan de l'étalage de sentiments. Peut-être parce qu'il ne sait pas trop comment étaler les siens autrement que par des gestes. Bref. À défaut de les dire, je les écris.

vendredi 17 février 2012

Baby-sitting

Porc-épic et moi accueillons pour tout le week-end ses deux soeurs de 12 et 14 ans.

Je les aime bien, mais nous ne sommes que le premier soir, pis on dirait que chu pas due pour avoir des enfants tout de suite...Je suis tellement bien dans mon petit univers tranquille.

dimanche 12 février 2012

Saint-Valentin

Porc-épic et moi ne fêtons pas vraiment la Saint-Valentin. Pour les mêmes raisons pour lesquelles plein de couples ne la fêtent pas : c'est une fête ridicule, commerciale à outrance, quétaine. Notre anniversaire juste à nous a tellement plus d'importance.

Pourtant, je me souviens tellement bien de notre première Saint-Valentin. Nous avions 17 ans, nous étions en secondaire 5. C'était un jour de semaine, et nous avions convenu que je me pointerais chez lui le matin, avant l'école. Il avait mis un petit coeur en carton sur la porte de sa chambre où il avait écrit "Veux-tu être ma Valentine?" avec une case pour cocher oui et une case pour cocher non. Il m'attendait dans son lit et nous avions fait l'amour, nous foutant royalement du reste de la maisonnée qui se préparait à aller à la garderie, à l'école, au travail.

Les premières Saint-Valentin, nous les avons soulignées, évidemment. Parce que nous étions un jeune couple et qu'aucun des deux ne voulait porter l'odieux de se prononcer négativement sur quoique ce soit qui pourrait être romantique et nécessaire. Puis, au détour des années, nous avons arrêté. Mais étant une grande romantique, encore plus qu'une orgueilleuse, j'ai toujours voulu souligner la Saint-Valentin même si c'est quétaine. Je fais semblant que je m'en fous, mais j'achète des sushis, je cuisine des fondants au chocolat cochons, je dis "je t'aime" en le soulignant un peu plus que le reste du temps. Pas de fleurs, pas de cartes, pas de décos, mais un petit quelque chose quand même.

Cette année, on dirait bien qu'il ne se passera réellement rien. J'ai une répétition, que je me sens mal de manquer parce que je dois déjà manquer la suivante pour une sortie avec les élèves. Roméo fait un spectacle dans un resto avec son ensemble barbershop. Ça m'écoeure de le manquer. Et ça m'écoeure que Porc-épic y soit, sans moi. Je ne suis pas assez stupide pour lui demander de ne pas y aller parce que moi je ne peux pas. Mais ça me déprime de penser que Roméo va chanter des tounes romantiques, que sa Juliette va l'écouter tendrement, pendant que mon Porc-épic l'accompagne. Je n'ai pas une graine de jalousie envers Juliette (une chance!), mais ça me dérange quand même de penser que mon chum a une date dans un resto le soir de la Saint-Valentin, et que ce n'est même pas avec moi. J'y pense, c'est notre première Saint-Valentin de couple marié...Si j'étais cynique, je dirais que ça montre que le mariage tue vraiment tout romantisme.

Mais je ne suis pas cynique. Je suis mélancolique.

Alors je me contenterai de dire que quétaine ou pas, se priver d'une occasion de célébrer l'amour, c'est vraiment con au fond.