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dimanche 11 janvier 2015

Une leçon de générosité

Oui, bon, disons que je ne suis plus très fidèle à cette page. Je n'ai pas envie de me botter le derrière. On se botte déjà le derrière pour un paquet de raisons bonnes et moins bonnes tous les jours, alors ici, je me donne une petite pause. Quand j'aurai envie de partager quelque chose, je viendrai faire un tour.

Aujourd'hui, par exemple, j'ai envie de raconter cette petite anecdote d'avant les fêtes. À l'école, je fais partie du club de lecture parascolaire. Avant Noël, Communication-Jeunesse, l'organisme qui chapeaute le club, a proposé comme activité du mois de donner des livres en cadeau dans les paniers de Noël et de les accompagner de cartes personnalisées.

Le midi où nous avions notre réunion, j'arrive avec mon cadeau, un petit livre que j'avais en double. Les élèves, eux, m'ont complètement soufflée. Plusieurs avaient apporté plus d'un livre, certains étaient même allés acheter un livre neuf, certains ont donné le premier livre qu'ils s'étaient achetés, d'autres leur livre préféré. Avec générosité, sans hésiter. Les autres profs et moi nous lancions des regards médusés et vaguement honteux. Nous avions eu toute la misère à nous départir d'un petit livre de rien du tout et les élèves, qui doivent avoir le huitième de nos bibliothèques et qui n'ont pas d'argent, ont donné sans compter.

Petite leçon de générosité que je ne vais pas oublier.

lundi 6 octobre 2014

La prof à la sucette

Je me lève ce matin, grosse sucette surprise dans le cou, probable conséquence d'embrassades un peu trop intenses de Porc-épic hier soir et de mon épiderme trop sensible. Je mets des boucles d'oreille un peu plus longues et me demande si quelqu'un va m'en parler au travail...

Première période de la journée, je suis avec le groupe de 16-18 ans, penchée sur un bureau en train de parler à un élève. Je commence à donner une explication à toute la classe et relève ma tête tranquillement tout en parlant pour regarder mon auditoire. Mes yeux croisent ceux du clown de la classe, qui me lance des regards moqueurs en se grattant le cou et en hochant la tête du genre "wow madame, good job!". J'ai complètement perdu le fil de ma pensée, me suis interrompue en plein milieu de ma phrase et suis partie à rire. Évidemment, je pouvais compter sur lui pour ne pas laisser ma sucette passer inaperçue. Mais ce qu'il y a de bien avec les clowns brillants dans son genre, c'est qu'une bonne rigolade complice suffit, ils n'ont pas besoin de faire le show pour tout le monde.

vendredi 26 septembre 2014

Le shift de soir d'Émilie Bordeleau

Prof d'éduc se plait souvent à me traiter de princesse. Selon lui, je suis capricieuse et bosseuse et j'aime qu'on m'obéisse. Il y a peut-être là un petit fond de vérité, grandement exagéré cependant. C'est que Prof d'éduc adore me faire pogner les nerfs.

Récemment, nous nous obstinions devant un autre prof dont je m'étonnais du manque flagrant de motivation, qui me semblait d'autant plus étonnant que le prof en question était très jeune et à première vue assez dynamique. Mais là il me servait du "c'est juste une job" et "j'ai déjà hâte à vendredi" et mon air ahuri lui a fait comprendre que je ne partageais pas son point de vue. Prof d'éduc a dit à l'autre prof en riant que j'étais une vraie maîtresse d'école, une vraie Émilie Bordeleau. Il a décidé que ce serait mon nouveau surnom, encore mieux que Princesse. Je l'ai envoyé chier et lui ai lancé un ballon de basket par la tête parce qu'il disait évidemment ça pour m'écoeurer...mais...

Mais on est vendredi soir et je viens de passer 45 minutes à écrire un long courriel au directeur de mon école pour qu'il accepte d'aider un ancien élève qui a demandé mon aide même si je n'étais même pas sa titulaire, mais une prof qu'il voyait un jour par semaine.

Mais je me suis extirpée de mon lit la semaine dernière à 22h00 la tête et le coeur encore tout pleins de Porc-épic pour aller écrire à cet élève et lui donner conseil.

Mais j'ai passé 30 minutes ce midi à parler à la travailleuse sociale d'un autre élève qui m'a confié cette semaine un paquet d'horreurs, le genre d'horreurs qui m'ont fait brailler de rage en cachette dans un recoin du parc où nous étions censés célébrer.

Des fois, je me dis que je suis peut-être un peu folle.

Mais à voir la reconnaissance de l'élève pour qui je passe pas mal de temps devant mon ordi à chercher des documents et à plaider sa cause, à voir le sourire de l'élève poqué qui trouve qu'il s'est confié à la bonne personne et qui est content de voir les choses bouger, à voir la face de la travailleuse sociale qui vante ma capacité d'analyse des situations et ma perception très juste des humains et des drames qui les secouent, mon authenticité et mon empathie, ben je me dis que des fois, je fais bien ma job je pense.

Émilie Bordeleau n'était peut-être pas si folle et ce n'est peut-être pas une si grosse insulte.

Faut juste que je n'ambitionne pas trop sur le shift de soir.

mercredi 9 juillet 2014

En vacances!

J'ai complété ma 5e année d'enseignement, chiffre critique qu'on évoque constamment quand on parle du décrochage des profs. Et après ces cinq années, je le confirme : je suis toujours en amour avec mon travail.
Le lundi matin, j'ai envie de me lever pour aller travailler. En juin, je suis triste de quitter mes élèves et je pense à eux pendant l'été. Habituellement, au mois d'août, je commence à avoir hâte d'y retourner et ça me démange. Aimer son travail est un grand bonheur que je vous souhaite! C'est aussi une bonne partie de ce qui m'a tenue debout dans ce début 2014 marqué par de petits et grands stress, ce qui est toujours difficile à gérer. Ça et Porc-épic. Porc-épic le courageux qui retourne sur les bancs d'école dans un petit peu plus d'un mois. Cet été sera riche en émotions. J'essaierai de prendre quelques instants pour venir les coucher ici, juste un peu.

lundi 14 avril 2014

Encore l'Enfant-loup

L'Enfant-loup commence à vraiment débloquer. Et quand il réussit quelque chose de bien, je lui fais parfois un "high five". Aujourd'hui, à la récup, il m'a demandé si mon mari sait que je lui fais des "high five".

Décidément, la liste des choses que la future femme d'Enfant-loup n'aura pas le droit de faire avec d'autres hommes devient de plus en plus longue...


dimanche 30 mars 2014

L'enfant-loup

Il y a un élève dans mon groupe de maths qui est tout un numéro. La plupart des profs le trouvent insupportables, sauf son titulaire et moi. Il est exigeant, turbulent, dérangeant. Et adorable, selon moi.

Son prof et moi le surnommons l'enfant-loup, parce qu'il est un de ces jeunes Haïtiens qui se sont visiblement élevés un peu tout seuls. Il manque cruellement d'éducation, dans tous les sens du terme. Il ne manque pas seulement de savoirs, de connaissances académiques, il manque de savoir-vivre, de savoir-être. Au début de l'année, il n'était pas de tout repos (il ne l'est toujours pas, mais c'était pire...). Il parlait en créole constamment, sans sembler s'apercevoir que nous les profs ne comprenions pas tout ce qu'il disait, et que les élèves le comprenaient encore moins. Beaucoup de frustrations, quelques claques échangées entre élèves, même un ou deux crachats au visage.

Les choses se sont tassées, mais il demeure un élève qui demande énormément d'énergie et qui prend beaucoup de place. Mais il a une telle authenticité, une telle vulnérabilité cachée sous une tonne de façade typiquement adolescente, qu'il est vraiment adorable.

Il reste à chacune de mes récupérations depuis le début de l'année, parfois presque jusqu'à 17h, même si elles finissent officiellement à 15h30. Si je suggérais de rester toute la soirée, il le ferait. Il reste jusqu'à ce que je lui demande de partir. Et il bûche tellement fort!

Parmi les trucs qui m'ont vraiment fait rire récemment, il y a sa conception tellement arrêtée de ce qu'est un homme et ce qu'est une femme.

Par exemple, avant la sortie aux glissades, quand nous jasions avec quelques élèves que j'ai suggéré à Enfant-Loup que nous pourrions glisser ensemble, il m'a regardé avec un air ébahi et m'a demandé ce que mon mari allait dire de ça. Euh...j'ai été tellement surprise que j'ai ri et je lui ai dit que ça ne dérangeait pas mon mari que je glisse sur la neige avec des petits garçons!

Plus récemment, j'ai chialé contre une chanson hyper dégoulinante de bons sentiments qu'ils avaient écoutée dans leur cours de français. Enfant-Loup n'a pas compris comment je pouvais ne pas aimer cette chanson. C'est une chanson d'amour qui s'adresse à une femme. Je suis une femme, ergo je devrais aimer cette chanson. Encore une fois, j'ai ri devant son air perplexe.

La semaine dernière, à la fin d'une journée, j'ai bien vu qu'il était préoccupé et traînait dans le local. Je lui ai demandé s'il voulait me parler de ce qui le tracassait. Il a commencé par me dire que je ne pouvais pas comprendre parce que ce sont des problèmes d'homme. J'ai ri et lui ai suggéré d'essayer quand même. Finalement, il m'a parlé de 30 minutes de ses problèmes avec son père. Et sa classique vilaine belle-mère. Et sa mère décédée. Je connaissais les grandes lignes de cette histoire pour en avoir déjà parlé avec son titulaire. Mais ça m'a fait plaisir de l'écouter, d'échanger avec lui, de le conseiller. Et de peut-être, juste un peu, modifier sa perception de ce qu'est une femme.

dimanche 9 février 2014

Les filles et la Saint-Valentin

J'ai eu plusieurs discussions avec le prof d'éduc de mes élèves dernièrement, entre autres dans l'autobus scolaire qui nous a menés à Piedmont pour la glissade. D'abord, je le connais depuis plus de 20 ans, parce que nous avons fréquenté le même camp de jour et même été dans le même groupe quelques étés. Ensuite, le département d'accueil, nous sommes une petite famille tissée serrée. Et puis, j'essaie d'aller voir mes élèves dans leur cours d'éduc le plus souvent possible, au moins une fois ou deux par mois. Parce que j'ai du fun à être super nulle dans tous les sports, et parce que ça les fait rire et ça leur fait plaisir de voir les rôles se renverser et d'être enfin ceux qui peuvent m'apprendre beaucoup de choses pendant que je suis celle qui rushe et pédale fort. Bref, appelons-le Prof d'éduc, c'est simple et clair.

Prof d'éduc se plait souvent à dire que sa blonde et lui, ils ne sont pas romantiques. Que les mots doux, ils n'ont pas besoin de ça, que la Saint-Valentin, c'est une cochonnerie commerciale dont ils se crissent.

Chaque fois qu'il me parle de ça, je lui fais une face un peu sceptique. C'est que ce discours, j'en ai souvent parlé ici, je le connais et je sais qu'il est assez fragile et mince. Moi aussi, je me crisse de cette fête commerciale. Et en même temps, je ne m'en crisse pas tant que ça...et j'aime dooooonc ça quand Porc-épic la souligne par une gentille attention. C'est paradoxal, mais c'est de même.

Dans l'autobus, ô surprise, Prof d'éduc m'a dit qu'il a été surpris quand sa blonde, la semaine dernière, lui a dit qu'elle aimerait qu'il lui achète un coeur en chocolat à 1$ style pharmacie. Il était perplexe et se demandait juste quelle sorte de coeur exactement il était censé acheter au Jean Coutu, s'il y en a plusieurs, lequel elle veut, etc. Genre "j'y comprends rien mais je vais faire ce qu'elle me dit".

Mais non, crétin. Si, malgré votre pseudo discours, elle prend la peine de te réclamer ça sur un ton semi ironique, c'est parce qu'au fond, elle ne s'en crisse pas tant. Et qu'elle va être déçue si, vraiment, tu ne te pointes qu'avec un stupide coeur à 1$. Sans mots doux.

J'aurais dû lui dire tout ça, mais sur le coup, j'ai juste ri. Je pense que je vais devoir aller faire un tour au gymnase cette semaine. Une pauvre fille que je ne connais pas a besoin que je sauve sa Saint-Valentin.

samedi 8 février 2014

La vieille au coeur jeune

Hier, c'était la sortie glissades avec tous les élèves de l'accueil. J'étais tellement excitée que quand mes voisins du haut ont fait juste un peu de bruit à 5h45, je n'ai jamais réussi à refermer l'oeil.

En chemin, l'éducateur et moi avons jasé du fait que nous avions clairement 14 ans d'âge mental pour la journée, voire moins. Ce qui a été confirmé quand j'ai gambadé, couru, crié et glissé toute la journée, alors que de nombreux profs jasent et boivent du café dans le chalet. J'ai quand même eu beaucoup de plaisir avec les quelques braves qui ont glissé avec moi et qui m'ont même poussé à délaisser le remonte-pentes et à tout monter à pied pour glisser plus souvent!

Hier soir, j'étais claquée. J'ai pris un long bain chaud et j'ai essayé de rester réveillée le plus longtemps possible, mais j'ai dû abdiquer à 23h30.

Ce matin, réveillée à 6h55. Plus capable de dormir. Plus je vieillis, moins je dors le matin, et ça me fait royalement chier. Je me lève et je constate que j'ai quelques muscles endoloris. Que j'ai quelques bleus inexpliqués sur les jambes et les bras. Que même si dans ma tête, j'ai parfois 14 ans, mon corps me rappelle que j'en ai plutôt le double. Et qu'il faudrait que je le soigne un peu plus, même si c'est déjà beaucoup mieux qu'avant...


samedi 5 octobre 2013

La quiétude d'octobre

J'ai eu un mois de septembre complètement échevelé, marqué par le retour de monstres que je pensais disparus. Je pensais que la petite anxieuse en moi était morte et enterrée et elle a fait un comeback brutal et bruyant.

L'incertitude du travail m'a vraiment maganée. Mais ce qui m'a rassurée, c'est toutes les merveilleuses personnes autour de moi. Tous ces amis qui, quand je leur racontais mes péripéties, me regardaient avec des yeux ronds et me disaient qu'ils comprenaient tout à fait ma réaction. Mais qui, du même souffle, me rassuraient sur ma capacité à passer à travers tout ça et même avec brio.

Ce serait trop complexe d'expliquer ici toutes les complications, mais disons que j'ai l'impression que le pire est derrière. J'ai accepté au début de l'année une tâche dont j'étais plutôt sceptique, parce qu'on m'affirmait que ce que je souhaitais avoir n'allait pas être possible. En acceptant cette tâche, j'ai aussi dû accepter que si ce que je souhaitais se concrétisait tout de même, je n'allais pas pouvoir changer de tâche. Choix déchirant et ultimatum désagréable...

Pour résumer, ce que je souhaitais s'est finalement concrétisé, malgré tout ce qu'on m'avait raconté. Et malgré l'ultimatum, mon adjoint s'est battu pour moi et j'aurais pu changer de tâche. Et finalement, c'est moi qui ai choisi de garder ce que j'avais choisi...Et je pense que je suis zen avec ma décision. Mais au moins, c'est ce que c'est, une décision réfléchie, pas une prison ou une décision imposée. Ça fait toute la différence pour moi.

Et même si je vais avoir une année un peu bâtard et que je ne serai pas titulaire cette année, je sais que je serai une meilleure prof à la fin de l'année qu'aujourd'hui. Et ça, pour moi, c'est hyper important. Les dernières semaines m'ont aussi permis de constater que j'ai le soutien complet de mon adjoint, du directeur de l'école, de mes collègues. J'ai reçu pas mal de tapes dans le dos qui m'ont fait beaucoup de bien. Je vais donc redresser ma tête et mes épaules, me botter les fesses et relever tous les défis qui m'attendent cette année! Une chose est sûre...je ne risque pas de m'emmerder.

Après le mois de septembre que j'ai vécu, j'aspire à un mois d'octobre beaucoup tranquille et serein.

vendredi 30 août 2013

Boule d'anxiété

Dans la dernière semaine, j'ai un peu été une loque humaine. Les mauvaises nouvelles s'accumulaient d'un point de vue travail. Et l'incertitude me tue. Je n'avais rien à mon ancienne école, ni dans ma CS et les nouvelles des autres CS n'étaient pas merveilleuses. J'ai donc eu l'idée d'un travail un peu rapiécé et incomplet à mon ancienne école. On m'a dit oui, d'accord, mais si tu le prends, c'est ce que tu as pour toute l'année. J'ai accepté et mon angoisse a disparu. J'étais soulagée.

Mais aujourd'hui, en allant travailler, j'ai eu l'impression que le rapiécé allait être complexe. Qu'on allait essayer de me faire faire plus que ce que pour que je me suis engagée et surtout suis payée. C'était trop d'informations en même temps.

Alors je suis encore en train de pleurer, l'estomac noué. Et je me trouve anormale de me laisser envahir comme ça par l'angoisse. Et je voudrais tourner la switch de mon cerveau à off et juste passer une belle fin de semaine.

Rationnellement, je sais que tout va mieux aller quand je vais avoir les élèves devant moi. Que la rentrée amène toujours son lot de stress et d'incertitude. Que je ne suis pas prisonnière, que tous mes collègues vont m'aider, que si quelque chose ne va pas, je peux en parler autour de moi. Que je suis capable de relever le défi.

Mais pour l'instant, l'inconnu me fait capoter et j'ai du mal à gérer mon anxiété. Plus je capote, plus j'ai honte et plus j'ai honte, plus je capote.

Et Porc-épic qui me regarde avec de grands yeux pleins d'incompréhension.

Misère...

Petit billet décousu et déprimant, désolée. Ne vous en inquiétez pas trop, ça fait juste du bien de ventiler.


lundi 24 juin 2013

Une autre année qui s'achève

Les examens sont terminés, les galas et le bal sont derrière nous, je viens tout juste de terminer d'entrer mes notes de bulletin. Il ne me reste qu'à assister à deux réunions et à vider ce qui reste dans ma classe!


Ceux qui m'ont lue pendant toute l'année auront compris que cette classe aura été ma plus difficile jusqu'à présent. Je ne l'ai pas toujours eue facile, mais je ne me suis pas emmerdée deux secondes, ce qui est déjà beaucoup. Je n'ai pas pleuré comme une madeleine en quittant mes élèves. C'était la première fois. Peut-être que c'était à cause de leur personnalité. Peut-être aussi que l'attachement qu'on ressent pour un jeune de 12 et un autre de 16 n'est pas le même. Peut-être que c'est un mélange des deux. Quoi qu'il en soit, j'ai rarement attendu désespérément le vendredi et je ne souffre pratiquement jamais du blues du dimanche. J'imagine que ça veut dire que malgré les difficultés, j'aime ma job! Je me considère hyper chanceuse d'avoir été dans la même école quatre années de suite, avec des collègues que j'aime et des élèves que je vois grandir avec bonheur. Je m'en souhaite une cinquième! Pour l'instant, je vais essayer de ne pas trop penser à ça, de vivre l'incertitude avec beaucoup de "zen" et de repousser l'angoisse le plus loin possible au mois d'août...

Quelques petites heures de travail et ce sera l'été avec ses rires, ses cocktails, ses brises marines et sa farniente.

dimanche 9 juin 2013

Ça sent la fin

Les cours sont déjà terminés. Cette année aura passé à la vitesse de l'éclair! D'habitude, je suis vraiment nostalgique et triste...ce n'est pas vraiment le cas cette fois-ci. Je suis un peu triste parce que, comme d'habitude, je ne sais pas si je serai de retour à mon école l'année prochaine. Mais je ne suis pas en dépression à l'idée de quitter mes élèves. Ils vont peut-être finir par me manquer, mais pas tous, et pas tout le temps. Chaque année, je prépare un powepoint pour les élèves et je leur écris des cartes. Cette année, je manque de temps et d'inspiration. Je leur ai présenté un petit montage de notre année, mais je ne leur ai pas encore écrit de cartes. J'attends que l'envie m'en prenne. Si elle vient. Je n'ai pas envie que ça devienne forcé et fake. Demain, les récupérations, examens, sorties, réunions et autres activités commencent. Mais le vrai show du quotidien, le vrai enseignement est terminé pour cette année. Ça sent vraiment la fin et l'été!

mardi 14 mai 2013

Des nouvelles du petit monstre

J'ai déjà parlé ici de mon élève presque ingérable qui commence à venir à bout de mes réserves infinies de patience.

La semaine dernière, un gros projet qui m'aura occupée toute l'année arrivait à terme. J'avais des rencontres avec les élèves les trois premiers midis de la semaine puis une rencontre finale pendant un cours la quatrième journée, rencontre qui allait impliquer du gâteau, des cadeaux, ben du plaisir.

Petit Monstre (je vais la baptiser comme ça, ça lui va bien...) était absente la première journée. Pour la première fois de l'année. Bref, c'était un peu les vacances pour moi. Le lendemain, après pas mal d'obstination en vain, elle a décidé qu'elle ne se pointait pas à la rencontre. Pour la troisième rencontre, elle s'est pointée 30 minutes en retard et a dérangé tout le monde pendant les quelques minutes où elle a daigné y être. J'ai donc décidé qu'elle ne pouvait pas participer à la dernière rencontre, même si elle avait lieu pendant les heures de cours. L'éducateur et moi avons convenu que nous allions l'envoyer au local de retrait, de façon  préventive. Eh ben j'ai appris aujourd'hui qu'elle a trouvé le moyen de se faire expulser du local de retrait! Elle dérangeait tous les élèves dérangeants (!), ne respectait pas les intervenants, leur riait en pleine face.

Un peu rassurée de voir que je ne suis pas la seule à avoir de la misère avec. Comme avec quelques-uns de mes élèves d'ailleurs...Tsé, quand tu en arraches, mais que tu constates que tes élèves difficiles sont encore PLUS difficiles et ingérables quand ils ne sont pas avec toi? À la fois rassurée et découragée.

mercredi 24 avril 2013

L'enfant roi

Je suis confrontée pour la première fois de ma toute jeune carrière à un enfant roi. Un vrai.

Je n'en avais pas eu encore parce que primo, j'avais toujours eu des grands de 16-18 ans et que je pense que rendu là, c'est pas mal passé, et que deuzio, c'est un peu plus rare chez les immigrants selon mon expérience.

Mais là j'en ai un vrai qui essaie de faire la loi. Avec lui, je n'ai pas trop de problèmes, parce qu'il m'aime beaucoup et me perçoit comme sa deuxième maman. Mais avec les autres qu'il n'aime pas...ouch! Arrogance, manque de respect total, menaces, sortie de classe non autorisée pour aller se plaindre de la prof chez le directeur (!).

Et sa mère qui fait des crises d'hystérie quand elle vient à l'école. J'essaie de faire ce que je peux pour le faire descendre de son piédestal et le faire mûrir un peu, mais pas facile quand tous mes efforts sont anéantis dès que le petit met le pied à la maison.

Les profs qu'il fait souffrir auront un break de lui dans les prochains jours puisqu'il est suspendu pour la deuxième fois cette année. Je m'attends à voir la mère débarquer assez rapidement. Une autre bonne raison de ne jamais devenir adjointe!

samedi 13 avril 2013

Pavel et les trous

"Pendant les cours il ne se passe rien, rien d'intéressant du moins. C'est dans les vides - le matin, le midi, la fin de journée, et les trous un peu partout dans les horaires, dans la Grande Salle et dehors -, c'est là qu'il se passe des choses." Pavel tome 1 (Plus vivant que toutes les pornstars réunies), Mathieu Simard, p. 16

Tous ceux qui se souviennent de leur secondaire souriront en lisant cette citation qui reflète tellement bien la réalité d'une école. En classe, les élèves sont parfois agités, mais il ne se passe strictement rien au fond. C'est pourquoi les profs sont souvent bien aveugles devant l'intimidation. C'est dans les trous que tout se passe. J'en ai encore eu une preuve quand deux de mes élèves ont été suspendus vendredi dernier pour s'être battus dans le corridor à l'heure du diner. La semaine précédente, deux autres se tapaient sur la gueule à grands coups de cabaret de cafétéria. Les adultes d'une grosse polyvalente pensent peut-être qu'ils connaissent leur école, mais pas tant que ça au fond. Il s'en passe pas mal pendant que nous jasons entre nous dans nos petits coins entre deux cours.

mercredi 10 avril 2013

Page blanche

On dirait bien que je me retrouve avec le syndrôme de la page blanche assez fréquent en ce printemps tardif.

Pourtant, j'aurais probablement un million de choses à raconter.

J'ai l'impression que mon travail n'a jamais été aussi riche en rebondissements que cette année et, donc, jamais aussi épuisant. Quand je m'assois devant mon ordi, j'ai envie de tout sauf de réfléchir. Ce qui explique peut-être pourquoi je suis si en retard dans mon cours TÉLUQ...

Encore aujourd'hui, j'ai dû gérer un paquet de petites et grandes niaiseries passant des odeurs corporelles inappropriées à l'élève qui fait tout un boucan en demandant d'aller péter dans le corridor...On reste comme dans le thème de l'odeur ici mais je pourrais aussi raconter cette histoire de secrets ou cette autre de culottes. Bref, petit billet rapide en forme de coucou et de tease.

Je reviens vous parler de MON élève particulière de l'année. Et de mes amours, d'un bonheur tourmenté, comme d'habitude.

mardi 12 mars 2013

Petite dose d'humilité

Ouf...pas facile cette année avec les méchants moineaux que j'ai dans ma classe. C'est mon quatrième groupe en carrière et de loin le plus difficile.

En fait, les trois autres étaient tous de beaux groupes, souvent même les plus beaux du département. J'en étais venue à me dire que la fille en avant de la classe devait avoir quelque chose à voir avec ça.

Mais là, je pense bien que j'ai le groupe le plus difficile. Pourtant, la fille n'a pas tellement changé. Disons que ça remet les choses en perspective. Je pense aux jugements parfois un peu hâtifs que j'ai portés sur mes collègues en voyant aller leurs élèves. Eh bien, il y a quand même une limite à ce qu'un coach peut accomplir comme miracles...Il doit composer avec les joueurs que le hasard a placé dans son équipe.

Bonne dose d'humilité cette année.

dimanche 10 février 2013

Le dilemme de la sortie

En accueil, nous faisons beaucoup de sorties. Je me retrouve donc souvent face à un dilemme par rapport aux élèves tannants. Est-ce que je les invite à la sortie, oui ou non? D'un côté, ces sorties font partie du programme éducatif. Les élèves apprennent dans ces sorties. D'un autre, elles sont une sorte de privilège, une récompense. Elles présentent aussi un certain risque, dans la mesure où on sort de l'environnement relativement contrôlé qu'elle la classe. Je n'ai jamais eu d'élèves qui posaient vraiment problème. Je ne m'étais donc jamais posé la question que je voyais mes collègues se poser.

Cette année, j'ai une élève vraiment, mais vraiment tannante. Elle gigote, elle rampe, elle crie, bref, j'en arrache avec elle et je me découvre des ressources de patience insoupçonnées. J'ai appelé à la maison, et la mère m'a carrément dit qu'elle ne pouvait rien faire pour moi, que c'était à moi de l'aider. Cette élève n'a visiblement pas beaucoup d'éducation et beaucoup beaucoup beaucoup d'énergie.

Alors? Sortie pas sortie?

Même si elle me fait souvent suer comme c'est pas possible, je lui ai quand même permis de venir à la grosse sortie que nous avions mercredi dernier. Plus de travail pour moi, mais une expérience de plus pour elle, elle qui en a tant à apprendre.

jeudi 31 janvier 2013

Les longues journées qui paraissent courtes

J'ai été à l'école de 7h45 à 18h30 aujourd'hui. C'est pas mal long.

Mais dans cette journée, il y a eu quelques périodes, de petits cours de flûte donnés pendant l'heure du diner.

À la fin de la récup, je savais que je devais poireauter pendant 1h30 pour aller voir la partie de soccer à laquelle deux de mes élèves participaient. Trois élèves ont décidé de rester avec moi et de m'accompagner. Avec la concierge super sympathique, je leur ai montré à jouer au trou de cul et nous avons tellement, mais tellement ri.

Quand on est prof, les journées longues correspondent rarement au nombre d'heures passées à l'école. Il y a des minutes qui passent pas mal plus vite que d'autres.

mercredi 23 janvier 2013

Le sauna

Je ne suis pas très originale d'en parler, mais bon, je le répète. Il fait un froid glacial.

Pendant ce temps, dans ma classe, on se croirait dans un sauna, sans l'odeur d'eucalyptus et le costume de bain. Juste avec du linge normal et des pré-ados et qui suent, puent, geignent et gigotent. Le chauffage est tellement intense que mes élèves ont de la sueur qui leur perle sur le front. J'en ai même un qui s'est mis à saigner du nez. Inutile de dire que la concentration fout le camp, ce qui est super à une semaine de la fin de l'étape.Quand tu as hâte que la journée se termine pour sortir dehors à -30, il y a quelque chose qui cloche.

Bref, je passe une semaine de marde.

Bien hâte que la température revienne à la normale ou que mon employeur apprenne à gérer son système de ventilation.