Samedi soir, j'étais au théâtre. Dimanche, anniversaire dans l'après-midi, show le soir et bouffe post-show qui s'est étirée jusqu'à 1h30 du matin. Lundi, travail et un autre show le soir. Hier, travail et répétition d'orchestre.
Je ne sais pas si c'est la trentaine qui me rentre dedans, mais ce soir, je suis crevée et j'ai juste envie de me rouler en boule sur mon divan. C'est une belle fatigue, parce que j'ai passé des soirées merveilleuses, surtout au sublime et indescriptible show de Patrick Watson dimanche, mais je suis brûlée pareil. C'est aussi ça, vieillir.
Le popotin : mot mignon qui décrit une partie du corps tout aussi mignonne qu'on se pogne allègrement quand on lit ou rédige des blogs.
mercredi 20 novembre 2013
dimanche 17 novembre 2013
Pavel 10 et la rupture amoureuse
"C'est un genre de forfait "tout compris", mais où on ne comprend rien.
Ça sent le vieux bois humide. Exactement comme promis dans la brochure. Il fait noir tout le temps, froid aussi. La nausée est enveloppante, les frissons, interminables. Et on a l'impression que c'est un aller simple, que le voyage ne cessera jamais, que le fond de ce baril deviendra notre maison pour l'éternité.
Je vous entends d'ici. "Secoue-toi, Martin. C'est juste une petite peine d'amour. Sois fort." Ce genre de choses faciles à dire, dures à entendre. Parce que, oui, dans un coin de ma tête, il reste un peu de raison, de réflexion, la pensée qu'il suffirait de me brasser, d'oublier, de bouger. Et que je m'en sortirais, de cette peine d'amour qui me détruit et me déchire. Mais tout autour de ce coin de cerveau, il y a la douleur, et la conviction qu'aucun brassage ne sera assez fort pour que je m'extirpe de ma léthargie.
Je ne suis pas assez fort.
Des années, j'en ai pour des années."
Mon voyage au fond du baril, Pavel T.10, Matthieu Simard, p.9-10
Ça sent le vieux bois humide. Exactement comme promis dans la brochure. Il fait noir tout le temps, froid aussi. La nausée est enveloppante, les frissons, interminables. Et on a l'impression que c'est un aller simple, que le voyage ne cessera jamais, que le fond de ce baril deviendra notre maison pour l'éternité.
Je vous entends d'ici. "Secoue-toi, Martin. C'est juste une petite peine d'amour. Sois fort." Ce genre de choses faciles à dire, dures à entendre. Parce que, oui, dans un coin de ma tête, il reste un peu de raison, de réflexion, la pensée qu'il suffirait de me brasser, d'oublier, de bouger. Et que je m'en sortirais, de cette peine d'amour qui me détruit et me déchire. Mais tout autour de ce coin de cerveau, il y a la douleur, et la conviction qu'aucun brassage ne sera assez fort pour que je m'extirpe de ma léthargie.
Je ne suis pas assez fort.
Des années, j'en ai pour des années."
Mon voyage au fond du baril, Pavel T.10, Matthieu Simard, p.9-10
***
Ce passage me rappelle ma propre peine d'amour, il y a un peu plus de 10 ans. Je ne sais plus si je l'ai déjà raconté ici, mais Porc-épic et moi nous sommes quittés, il y a un peu plus de 10 ans, pendant un gros deux semaines. Nous étions tous les deux poqués et dans une sale passe. Il y avait une fille qui rôdait autour de Porc-épic, je l'ai talonné, l'ai poussé dans ses derniers retranchements et j'ai tout fait exploser. Il n'avait, concrètement, rien fait de mal à part se poser des questions à ce moment il me semble...mais bon...mon sens du drame étant ce qu'il est, une nuit blanche, beaucoup de pleurs et de cris ont mené à l'inévitable rupture.
J'ai alors, comme Pavel, touché le fond du baril. Je ne mangeais plus, ne dormais plus. Tout le monde s'inquiétait pour moi. Enfin...tous ceux à qui j'avais osé en parler, parce que je ne voulais le dire à personne, j'avais trop honte. Papoune capotait pour moi au travail, pendant que je me pétais la tête sur les murs. Au sens propre. Ma mère appelait Plume en renfort et me cuisinait de la lasagne pour essayer de me faire avaler quelque chose.
Cette rupture, je ne la digérais pas. Pour moi, Porc-épic ne pouvait pas ne plus m'aimer. Il devait avoir menti. C'était impossible.
Le cégep a recommencé deux semaines plus tard. Et j'ai fait semblant. J'ai fait semblant que tout allait bien, que j'étais forte. J'ai croisé Porc-épic et lui ai servi mes plus charmants sourires. J'ai mis ma main sur sa cuisse et lui ai dit que son corps me manquait, que s'il voulait, il pouvait venir chez moi et qu'on pouvait coucher ensemble sans aucune attache, sans aucune promesse. Ce qui, évidemment, était de la bullshit pure et simple. Je l'avais perdu. J'allais me battre pour le ravoir. Je ne savais pas cuisiner à l'époque, alors j'ai utilisé la meilleure arme dont je disposais...
Il a hésité. Mais il a fini par venir. Et cette première fois, post-rupture, reste encore à ce jour gravée dans ma ma mémoire aussi clairement que le souper que j'ai mangé ce soir. Je m'attendais à de la passion dévorante. Et j'en ai eu. Mais je ne m'attendais pas à son regard rempli d'amour au moment de me prendre, comme si j'étais le plus beau trésor du monde qu'il ne pensait jamais retrouver. À sa façon de me flatter le dos après.
À ce moment, la rupture était finie. Nous n'avions besoin de rien dire, nous le savions.
Ah mais nous étions encore poqués, donc les mois qui ont suivi ont été très difficiles et le cégep et notre jeunesse ont mis sur notre route des tentations dont notre couple chambranlant aurait bien pu se passer.
Je suis avec le même homme, le premier, depuis mes 16 ans, mais je considère quand même que j'ai vécu une rupture amoureuse. Je sais que je n'en ai pas vécu tous les stades. Il me manque définitivement l'acceptation, le deuil, et surtout, le moment où on passe à autre chose! Mais j'ai vécu pendant ces deux semaines, un rollercoaster émotif très intense qui me fait comprendre ce que vivent les amoureux qui voient leur univers s'écrouler.
Surtout, j'ai eu cette cruelle révélation qu'on ne meurt pas d'une peine d'amour. Et que d'aimer, parfois, c'est juste pas suffisant.
Aujourd'hui, je pense sincèrement que sans cette rupture, Porc-épic et moi ne serions peut-être plus ensemble.
J'ai vécu deux semaines dégueulasses, les plus éprouvantes de ma courte vie je dirais. Mais j'ai quitté le fond du baril pour ne jamais le retrouver.
jeudi 14 novembre 2013
Toune du jour numéro 119
Lightning bolt, Jake Bugg
Parce que j'ai découvert ce jeune homme cet été, dans la foulée de sa venue à Osheaga, et que je l'adore depuis! Sauf que, et c'est rare que ça m'arrive, je préfère de loin ses pièces uptempo à ses ballades.
À découvrir si ce n'est déjà fait!
Parce que j'ai découvert ce jeune homme cet été, dans la foulée de sa venue à Osheaga, et que je l'adore depuis! Sauf que, et c'est rare que ça m'arrive, je préfère de loin ses pièces uptempo à ses ballades.
À découvrir si ce n'est déjà fait!
vendredi 1 novembre 2013
Dehors novembre
Novembre est un mois qui me laisse un peu perplexe. J'adore octobre et ses couleurs flamboyantes, son petit froid sympathique qui donne envie de se coller. Novembre, c'est le noir qui prend de plus en plus de place et les premiers grands froids qui glacent les os, ceux qui nous sembleront presque chauds en mars.
Mais novembre, c'est aussi la fête de Plume et le vestibule de la mienne. C'est le mois du salon du livre. C'est un mois qui est souvent rempli de culture pour moi et qui le sera encore cette année, avec déjà plein de soupers au resto, de spectacles et de pièces de théâtre au programme. C'est maintenant le mois de Montréal à table et sa bonne bouffe pas chère. C'est le mois de la rentrée est déjà un peu loin et Noël est déjà un peu proche.
Cette année, c'est le dernier mois de ma vingtaine, ce qui me donne un peu le vertige. Dehors, c'est vraiment novembre aujourd'hui, dans ce que ça a d'à la fois hostile et surprenant. J'ai l'impression que le vent qui souffle à 90 km/h dehors est là pour me secouer un peu.
Mais novembre, c'est aussi la fête de Plume et le vestibule de la mienne. C'est le mois du salon du livre. C'est un mois qui est souvent rempli de culture pour moi et qui le sera encore cette année, avec déjà plein de soupers au resto, de spectacles et de pièces de théâtre au programme. C'est maintenant le mois de Montréal à table et sa bonne bouffe pas chère. C'est le mois de la rentrée est déjà un peu loin et Noël est déjà un peu proche.
Cette année, c'est le dernier mois de ma vingtaine, ce qui me donne un peu le vertige. Dehors, c'est vraiment novembre aujourd'hui, dans ce que ça a d'à la fois hostile et surprenant. J'ai l'impression que le vent qui souffle à 90 km/h dehors est là pour me secouer un peu.
dimanche 20 octobre 2013
La charte
Ces temps-ci, je suis un peu lasse quand je lis mon journal le matin. J'ai comme une charte pognée en travers de la gorge. Je ne comprends rien à cette initiative qui prétend répondre à une menace que je ne vois pas. J'ai l'impression qu'on essaie de tuer une mouche avec un bazooka.
J'enseigne en classe d'accueil dans une école où les petits blancs canadiens-français sont la minorité. Forcément, des gens de toutes les couleurs et de toutes les croyances, j'en côtoie tous les jours. Des profs voilés, il y en a plusieurs à mon école. Et le fameux malaise dont parle Bernard Drainville, je ne le sentais pas du tout avant son stupide projet. Maintenant, j'en ressens un assez imposant.
Et pourtant, je comprends le malaise que suscite le voile chez certaines personnes, surtout chez certaines femmes. Moi-même, je me pose beaucoup de questions sur ce bout de tissu qui est tout sauf banal. Je pose aussi beaucoup de questions aux musulmanes qui choisissent de le porter. Parce que je suis curieuse, parce que je veux comprendre. Je ne comprends pas toujours, tout comme je ne comprends pas toujours la foi en général. Il m'arrive de ressentir un petit malaise quand je rencontre une femme qui porte le voile, malaise qui se dissipe généralement dès les premières paroles échangées. L'autre est la plupart du temps essentiellement comme soi. Oui, j'ai mal au coeur quand je vois de jeunes adolescentes obligées de porter le voile par leurs parents. Mais est-ce que d'empêcher une éducatrice, une prof, une infirmière de le porter va vraiment aider cette jeune ado? Les femmes qui le portent parce qu'on les y oblige sont habituellement aussi celles qui sont aussi obligées de rester à la maison à faire la vaisselle. Les femmes qui travaillent pour l'État sont justement celles qui sont bien intégrées à notre société. Je suis athée, mais qu'on songe à les forcer à choisir entre leurs convictions et leur emploi, ben ça me lève le coeur. Et j'ai honte du PQ, honte de mon peuple.
Nous sommes plus ouverts que notre gouvernement.
J'enseigne en classe d'accueil dans une école où les petits blancs canadiens-français sont la minorité. Forcément, des gens de toutes les couleurs et de toutes les croyances, j'en côtoie tous les jours. Des profs voilés, il y en a plusieurs à mon école. Et le fameux malaise dont parle Bernard Drainville, je ne le sentais pas du tout avant son stupide projet. Maintenant, j'en ressens un assez imposant.
Et pourtant, je comprends le malaise que suscite le voile chez certaines personnes, surtout chez certaines femmes. Moi-même, je me pose beaucoup de questions sur ce bout de tissu qui est tout sauf banal. Je pose aussi beaucoup de questions aux musulmanes qui choisissent de le porter. Parce que je suis curieuse, parce que je veux comprendre. Je ne comprends pas toujours, tout comme je ne comprends pas toujours la foi en général. Il m'arrive de ressentir un petit malaise quand je rencontre une femme qui porte le voile, malaise qui se dissipe généralement dès les premières paroles échangées. L'autre est la plupart du temps essentiellement comme soi. Oui, j'ai mal au coeur quand je vois de jeunes adolescentes obligées de porter le voile par leurs parents. Mais est-ce que d'empêcher une éducatrice, une prof, une infirmière de le porter va vraiment aider cette jeune ado? Les femmes qui le portent parce qu'on les y oblige sont habituellement aussi celles qui sont aussi obligées de rester à la maison à faire la vaisselle. Les femmes qui travaillent pour l'État sont justement celles qui sont bien intégrées à notre société. Je suis athée, mais qu'on songe à les forcer à choisir entre leurs convictions et leur emploi, ben ça me lève le coeur. Et j'ai honte du PQ, honte de mon peuple.
Nous sommes plus ouverts que notre gouvernement.
lundi 14 octobre 2013
Pavel 8
" - Je t'aime, Anouk.
- ...
Rien.
Je veux plonger ma main dans sa bouche, fouiller jusqu'à sa gorge, empoigner ses cordes vocales et en tirer le "moi aussi" que j'aimerais entendre. Je fixe ses lèvres à l'affût d'un frémissement, n'importe lequel, un souffle, un sourire, une torsion, un "m", un "oi", puis un "aussi".
Mais rien.
Je scrute le noir qui nous enveloppe à la recherche d'une étincelle, d'une lueur dans ses yeux, d'une chair de poule sur ses bras. J'espère une main tendue, l'amorce d'un câlin, un transfert de poids, une intention...
Rien."
Pavel T.8, J'ai le "je t'aime" précoce, Matthieu Simard, p. 7
- ...
Rien.
Je veux plonger ma main dans sa bouche, fouiller jusqu'à sa gorge, empoigner ses cordes vocales et en tirer le "moi aussi" que j'aimerais entendre. Je fixe ses lèvres à l'affût d'un frémissement, n'importe lequel, un souffle, un sourire, une torsion, un "m", un "oi", puis un "aussi".
Mais rien.
Je scrute le noir qui nous enveloppe à la recherche d'une étincelle, d'une lueur dans ses yeux, d'une chair de poule sur ses bras. J'espère une main tendue, l'amorce d'un câlin, un transfert de poids, une intention...
Rien."
Pavel T.8, J'ai le "je t'aime" précoce, Matthieu Simard, p. 7
Toune du jour numéro 118
I know you care, Ellie Goulding
Parce que je l'adore et qu'elle me trotte souvent dans la tête ces temps-ci.
Parce que je l'adore et qu'elle me trotte souvent dans la tête ces temps-ci.
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